
À Besançon, l’hypnose s’invite auprès de patientes confrontées au cancer du sein comme un soin de support, en complément des traitements médicaux. Infirmière anesthésiste, Frédérique Roussel s’est intéressée à l’hypnoanalgésie en 2011, au fil de formations consacrées à la prise en charge de la douleur. Après un premier stage à l’Institut français de l’hypnose, puis deux années de formation, elle a progressivement intégré cet outil à sa pratique professionnelle, notamment face aux douleurs, au stress avant une opération et à certains effets secondaires des traitements.
Elle exerce toujours à mi-temps comme infirmière anesthésiste à la Polyclinique de Franche-Comté et dispose aussi d’un cabinet. Depuis 2024, le financement des associations OncoDoubs et Le Liseron lui permet d’intervenir 18 heures par semaine dans les services d’hématologie et d’oncologie du CHU et de la clinique. L’objectif n’est pas de remplacer les soins contre la maladie, mais d’aider chaque personne à vivre certaines étapes avec davantage de confort, de repères et de sérénité. Dans un parcours souvent rythmé par les rendez-vous, les examens et l’attente, cette approche propose un espace où l’on peut reprendre un peu la main sur son attention et son ressenti.
À Besançon, l’hypnose complète les soins du cancer du sein
Le mot « hypnose » évoque parfois un spectacle, une perte de contrôle ou une personne qui obéirait à une voix mystérieuse. Dans le cadre des soins, l’approche est tout autre : il s’agit d’un accompagnement fondé sur l’attention, l’imagination et les ressources de la personne. La patiente reste présente, peut parler, poser des questions ou interrompre l’exercice. L’objectif est de l’aider à trouver une expérience intérieure plus confortable, pas de la faire disparaître de la pièce comme par magie — le service d’oncologie n’est pas une scène de music-hall.
La démarche de Frédérique Roussel s’enracine dans son métier d’infirmière anesthésiste et dans son intérêt pour le traitement de la douleur. Découverte en 2011, l’hypnoanalgésie lui a donné une façon supplémentaire d’accompagner les souffrances et le stress liés aux soins. Sa formation initiale à Paris, suivie de deux années d’apprentissage, lui a permis de développer une pratique adaptée au cadre professionnel, dans laquelle la relation et le consentement occupent une place essentielle.
Depuis 2024, ses interventions à Besançon sont rendues possibles par le soutien financier d’OncoDoubs et du Liseron. Elle consacre 18 heures par semaine aux services d’hématologie et d’oncologie du CHU et de la Polyclinique de Franche-Comté. Cette présence dans les lieux de soins permet d’inscrire l’hypnose dans le parcours médical, en lien avec les équipes, plutôt que de la présenter comme une solution isolée ou concurrente des traitements.
Un soin de support, jamais un traitement anticancer
La distinction est fondamentale : l’hypnose ne soigne pas la tumeur et ne remplace ni la chirurgie, ni les médicaments, ni la radiothérapie. Elle peut être proposée comme un outil complémentaire pour mieux vivre certaines situations, par exemple une appréhension avant un geste ou une tension difficile à apaiser. Les effets ressentis varient d’une personne à l’autre ; il n’existe pas de promesse universelle ni de résultat identique pour toutes.
Le recours à une pratique complémentaire doit toujours rester compatible avec le protocole établi par les médecins. Si une patiente souhaite explorer cette possibilité, elle peut en parler à l’équipe qui la suit afin de vérifier les modalités, le moment opportun et les éventuelles contraintes pratiques. Pour mieux comprendre comment l’hypnose peut s’inscrire dans un parcours de soins, tu peux aussi consulter cet article consacré à l’hypnose et la médecine à l’hôpital.
Cette place clairement définie évite les faux espoirs et permet de parler du sujet sans opposer médecine et accompagnement. L’essentiel est de proposer une ressource supplémentaire, au bon moment, avec l’accord de la patiente. 💗
Douleur, anxiété et gestion du stress pendant le parcours de soins
Un parcours de cancer du sein ne se résume pas à une succession d’actes médicaux : il comporte aussi des moments d’incertitude, d’attente et de fatigue émotionnelle. Une prise de sang, une consultation ou un examen peuvent réveiller une inquiétude déjà présente. Pour certaines patientes, l’hypnose aide à déplacer l’attention vers une image rassurante, une sensation de chaleur ou un souvenir agréable. Cette expérience ne supprime pas nécessairement la douleur ou la peur, mais elle peut modifier la façon dont elles sont vécues.
Imaginons Claire, un personnage fictif qui attend un soin et sent son corps se crisper. L’accompagnante peut lui proposer de choisir une scène familière : marcher dans un jardin, écouter le bruit de la pluie ou retrouver mentalement une pièce où elle se sent bien. Claire n’a pas besoin de « réussir » à se détendre ni de visualiser parfaitement. Elle peut simplement suivre une voix, remarquer sa respiration et dire ce qui lui convient. Ce petit scénario illustre une possibilité, et non une expérience attribuée à une patiente réelle.
Des objectifs ajustés à la situation
Les besoins ne sont pas les mêmes avant une opération, pendant un examen ou au cours d’un traitement. Avant un geste, le travail peut viser la diminution de l’appréhension et l’installation de repères apaisants. Lorsqu’une douleur ou un inconfort est au premier plan, l’attention peut être orientée vers une sensation plus neutre, ou vers une manière différente d’imaginer la zone concernée. Le choix dépend du contexte clinique, du souhait de la personne et de l’échange avec le soignant.
La gestion du stress peut également passer par des exercices simples, réutilisables ensuite : ralentir le souffle, se concentrer sur un détail de l’environnement ou retrouver une image mentale familière. Ces outils ne garantissent pas une disparition des symptômes, mais certaines personnes apprécient de disposer d’un geste concret à mobiliser dans les moments d’attente. Dans un parcours où beaucoup de décisions semblent prises par d’autres, cette petite marge d’action peut compter.
Le dialogue reste central. Une patiente peut ne pas aimer fermer les yeux, préférer parler ou ne pas souhaiter essayer l’hypnose du tout. Le professionnel ajuste alors sa proposition, ou n’insiste pas. Il n’existe pas de note à obtenir en relaxation : rester attentive, garder les yeux ouverts ou demander une pause sont des choix parfaitement légitimes.
Un soutien qui respecte les limites de chacune
La douleur doit être signalée à l’équipe médicale, même lorsqu’un accompagnement par hypnose est proposé. Celle-ci peut contribuer au confort, mais ne doit pas conduire à retarder un avis, modifier un traitement ou minimiser un symptôme nouveau. C’est cette articulation avec les soins qui donne tout son sens à la pratique hospitalière.
Pour une patiente, l’expérience peut se résumer à un moment où elle se sent moins seule face à ce qui arrive. Pour une autre, ce sera une aide ponctuelle avant un examen, sans effet marquant par la suite. Dans les deux cas, l’évaluation se fait à partir du ressenti de la personne, et non d’une promesse standardisée. 🌿
Après la question du stress, une autre étape mérite qu’on s’y attarde : la place de l’hypnose dans les différents moments du parcours, du diagnostic aux examens et aux traitements.
Du diagnostic aux examens, un accompagnement au rythme des patientes
À l’annonce d’un cancer du sein, les pensées peuvent se bousculer : comprendre les résultats, organiser les rendez-vous, prévenir ses proches, attendre la prochaine étape. Le soutien psychologique et les soins de support peuvent aider à traverser cette période, chacun à leur manière. L’hypnose ne remplace pas une consultation avec un psychologue ou un psychiatre lorsque celle-ci est nécessaire ; elle peut toutefois s’ajouter à l’accompagnement proposé, selon les besoins et les ressources disponibles.
La pratique peut être envisagée lors de différents moments, mais il serait trompeur de présenter un protocole identique pour toutes. La nature de l’examen, le vécu antérieur, la fatigue et le souhait de la patiente influencent la proposition. Une personne qui redoute un examen peut chercher à se sentir plus ancrée ; une autre peut préférer recevoir des explications concrètes et ne pas utiliser d’exercice hypnotique. Le choix lui appartient.
Avant une mammographie ou un geste médical
Un examen d’imagerie peut être source d’appréhension, notamment lorsqu’il rappelle un diagnostic ou une expérience difficile. Préparer la séance consiste d’abord à écouter ce qui inquiète la personne et à expliquer ce qui va se passer, sans remplacer les informations données par l’équipe réalisant l’examen. Une approche hypnotique peut ensuite proposer une respiration guidée ou un exercice d’attention, si la patiente y consent.
La préparation ne doit jamais empêcher de signaler une douleur, une gêne ou un besoin d’interrompre l’examen. Elle peut plutôt donner des repères pour communiquer avec les professionnels : convenir d’un signal, demander une explication supplémentaire ou exprimer le besoin d’une pause. Tu peux retrouver un contenu consacré à l’hypnose comme soutien autour de la mammographie, à lire comme une information complémentaire et non comme une consigne médicale personnalisée.
Pour rendre l’accompagnement concret, voici quelques éléments qu’une patiente peut aborder avec l’équipe avant une séance :
- 💬 Ce qui inquiète le plus : douleur anticipée, attente, bruit ou manque d’informations.
- 🫁 Ce qui aide déjà : respirer lentement, écouter une musique ou parler avec un proche.
- 🛑 Les limites à respecter : besoin de garder les yeux ouverts, de poser des questions ou de faire une pause.
- 🤝 Le relais médical : à qui s’adresser si l’anxiété ou la douleur devient trop importante.
Ces repères évitent de transformer une technique en recette obligatoire. Ils replacent la personne au centre et donnent à l’équipe des indications utiles pour adapter son accompagnement. La sérénité ne signifie pas ne plus avoir peur ; elle peut aussi désigner le fait de pouvoir dire ce dont on a besoin.
Un parcours singulier, sans calendrier émotionnel imposé
Il n’existe pas de bonne façon de réagir au cancer du sein. Certaines patientes veulent tout savoir immédiatement, d’autres préfèrent avancer étape par étape. Certaines ont besoin de parler, d’autres recherchent d’abord du calme. L’accompagnement doit respecter cette diversité, sans demander à chacune d’être courageuse en permanence — même les héroïnes ont le droit d’avoir une journée sans cape.
Les professionnels peuvent proposer des ressources et orienter vers d’autres interlocuteurs lorsque la situation le justifie. La cohérence entre les équipes, les proches et les soins de support aide à éviter que la patiente ait à porter seule la coordination de chaque démarche. L’hypnose trouve sa place lorsqu’elle répond à une demande précise et s’intègre à ce travail collectif.
Comment se déroule une séance d’hypnose en oncologie ?
Une séance commence généralement par un échange : qu’est-ce qui préoccupe la patiente, quel moment souhaite-t-elle rendre plus supportable, et qu’est-ce qui l’aide déjà ? Cette discussion est importante, car une proposition utile doit partir de la personne, et non d’un scénario appliqué mécaniquement. L’accompagnante peut ensuite guider une expérience d’attention ou d’imagination, en adaptant son langage et son rythme aux réactions observées.
Il ne s’agit pas de dormir ni de perdre le contrôle. La personne peut entendre les bruits du service, répondre et choisir de poursuivre ou non. Certaines préfèrent visualiser un lieu familier, tandis que d’autres se concentrent sur leur respiration ou sur une sensation présente. Il n’est pas nécessaire d’être particulièrement imaginative : l’exercice peut simplement s’appuyer sur une expérience connue, comme sentir ses pieds sur le sol ou se rappeler le goût d’une boisson appréciée.
Une méthode ajustée, pas une performance
Dans la pratique, la voix du professionnel peut guider l’attention vers des détails concrets et laisser la patiente choisir ce qu’elle souhaite suivre. Une image de vacances ne convient pas à tout le monde ; une promenade en forêt peut être un souvenir agréable pour l’une et une source d’inconfort pour l’autre. C’est pourquoi le dialogue précède et accompagne l’exercice. La personne n’a pas à faire semblant d’aller bien pour satisfaire le soignant.
Le contexte hospitalier compte également. Une séance peut se dérouler dans un espace de soins, parfois avec des contraintes de temps, des interruptions ou des bruits de fond. L’objectif n’est pas de recréer un studio silencieux, mais de trouver une façon réaliste de soutenir le confort malgré l’environnement. Si la patiente préfère arrêter, changer de sujet ou revenir à une conversation classique, cette demande doit être respectée.
Le tableau ci-dessous résume les objectifs possibles, sans laisser entendre que chaque séance produit nécessairement ces effets. Le choix se fait avec l’équipe et selon la situation individuelle.
| Moment du parcours | Objectif envisageable | Repère important |
|---|---|---|
| ⏳ Attente d’un rendez-vous | Apaiser la tension et occuper l’attention | La personne garde la possibilité de parler ou de demander une pause |
| 🩺 Avant un geste | Préparer un repère rassurant et faciliter la communication | L’équipe explique toujours les étapes médicales |
| 🌿 Inconfort ou douleur | Explorer une modulation du ressenti en complément du traitement | Tout symptôme doit être signalé aux soignants |
| 💬 Période éprouvante | Offrir un temps d’écoute et d’accompagnement | Un suivi psychologique peut aussi être indiqué |
Les signes d’un accompagnement adapté
Une pratique respectueuse se reconnaît à plusieurs éléments : le consentement est demandé, les limites sont prises au sérieux et les objectifs restent réalistes. Le professionnel n’annonce pas que l’hypnose guérira le cancer et ne conseille pas d’arrêter un traitement. Il collabore avec les soignants et oriente vers eux dès qu’une question relève du diagnostic, d’un symptôme ou d’une décision thérapeutique.
La confiance ne se décrète pas. Elle se construit par des explications claires, une écoute réelle et la possibilité de dire non sans devoir se justifier. Quand ces conditions sont réunies, l’hypnose peut devenir un outil parmi d’autres, au service du bien-être et d’un parcours plus humain. ✨
À Besançon, l’hypnose s’intègre aux soins de support avec discernement
La présence de Frédérique Roussel dans les services d’hématologie et d’oncologie repose sur un équilibre particulier : elle exerce toujours comme infirmière anesthésiste à mi-temps à la Polyclinique de Franche-Comté, tout en développant une activité d’hypnose en cabinet et des interventions hospitalières. Depuis 2024, les associations OncoDoubs et Le Liseron financent 18 heures hebdomadaires dans les services du CHU et de la clinique. Ce soutien associatif rend possible une présence dédiée, sans que cela signifie que chaque patiente bénéficiera automatiquement d’une séance.
Dans un établissement, le soin de support doit s’articuler avec l’organisation médicale. Le professionnel tient compte du moment, de l’état de la personne et des priorités des équipes. Une patiente peut avoir besoin d’une intervention brève avant un examen ; une autre peut bénéficier davantage d’un échange avec un psychologue ou d’un autre accompagnement. Il ne s’agit pas de faire entrer tout le monde dans la même méthode, mais de proposer une ressource quand elle est pertinente.
Le rôle des associations et des équipes
Les associations contribuent souvent à rendre accessibles des ressources complémentaires qui ne sont pas toujours disponibles de la même façon d’un service à l’autre. Leur financement, dans le cas des interventions décrites à Besançon, soutient du temps de présence dans les unités concernées. Les équipes médicales et paramédicales restent essentielles pour orienter les patientes, transmettre les informations pertinentes et s’assurer que l’approche reste cohérente avec les soins en cours.
Cette coopération aide à distinguer les pratiques encadrées des promesses douteuses. Une approche sérieuse reconnaît ses limites et ne se présente pas comme une alternative à l’oncologie. Pour se repérer, tu peux consulter ce dossier sur les dérives possibles autour des pratiques de soin : l’enjeu est de rester attentif aux discours qui prétendent remplacer les traitements ou garantir une guérison.
Le financement par des associations ne constitue pas à lui seul une preuve d’efficacité médicale. Il indique plutôt qu’un projet reçoit un soutien permettant son déploiement. Pour évaluer l’intérêt de l’accompagnement, on s’intéresse au vécu des patientes, à la qualité du cadre, à la sécurité et à la complémentarité avec les soins. Cette prudence n’enlève rien à la valeur d’un moment de répit ; elle protège simplement les personnes contre des attentes irréalistes.
Parler de ses besoins sans devoir tout expliquer
Une patiente qui souhaite essayer peut commencer par poser quelques questions : qui intervient, quelle formation la personne a suivie, quel est le but proposé et comment l’exercice se déroule-t-il ? Elle peut aussi dire qu’elle ne souhaite pas fermer les yeux, qu’elle préfère rester silencieuse ou qu’elle veut arrêter à tout moment. Ces demandes ne sont pas des obstacles : elles font partie de la relation de soin.
Les proches peuvent soutenir cette démarche en écoutant sans imposer de solution. Dire « tu devrais te détendre » aide rarement quelqu’un à se détendre, ce qui en fait une phrase étonnamment peu rentable. Mieux vaut demander ce qui ferait du bien maintenant, puis respecter la réponse, même si elle consiste à parler d’autre chose ou à ne rien faire.
À Besançon, l’hypnose s’inscrit donc dans une approche plus large du cancer du sein : elle peut contribuer au confort de certaines patientes, tout en laissant la priorité aux traitements et aux choix individuels. Sa pertinence se mesure à la qualité de l’accompagnement et au respect de la personne, pas à des promesses spectaculaires. 🤝
Questions utiles sur l’hypnose et le cancer du sein
Avant d’essayer, tu peux demander à l’équipe comment cette pratique est proposée dans le service et à qui t’adresser. Les réponses doivent être claires, adaptées à ta situation et compatibles avec les traitements suivis.
L’hypnose peut-elle guérir le cancer du sein ?
Non. L’hypnose est une approche complémentaire qui peut accompagner le confort ou la gestion du stress chez certaines patientes. Elle ne traite pas la tumeur et ne remplace aucun traitement médical.
Est-ce qu’on perd le contrôle pendant une séance ?
Dans un accompagnement de soin, la personne reste présente et peut parler, poser des questions ou arrêter l’exercice. Le consentement et le respect des limites font partie de la démarche.
À quel moment du parcours peut-on la proposer ?
Cela dépend des besoins, du contexte clinique et des possibilités du service. Une patiente peut en parler à son équipe, par exemple avant un examen ou un geste, sans que cela constitue une obligation.
L’hypnose remplace-t-elle un psychologue ou un traitement contre la douleur ?
Non. Elle peut éventuellement compléter d’autres formes d’accompagnement, mais ne remplace ni un suivi psychologique indiqué, ni l’évaluation médicale et le traitement d’une douleur.