Dans l’Aude, le plateau de Sault pourrait bientôt accueillir une structure inédite en Occitanie

dans l’aude, le plateau de sault pourrait bientôt accueillir une structure inédite, une première en occitanie.

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À Belcaire, sur le plateau de Sault, six personnes touchées par un cancer ont participé à un séjour pilote consacré aux soins oncologiques de support. Pendant trois journées, elles ont pu découvrir des activités variées — de l’escalade au chant, en passant par la sophrologie, la diététique et les soins esthétiques — dans un cadre pensé pour accompagner la vie pendant et après les traitements.

À l’origine de ce projet local, Cathy Vergé, orthophoniste à Quillan et diplômée en soins de support, souhaite faire émerger une structure inédite en Occitanie. L’ambition dépasse l’organisation de quelques ateliers : il s’agit de proposer des séjours résidentiels, de mobiliser les professionnels du territoire et de rendre ces pratiques plus accessibles aux personnes qui vivent avec les conséquences d’un cancer. 🏔️

Le premier rendez-vous a permis de tester le format et de montrer le potentiel du territoire. Mais, pour passer de l’expérience pilote à une offre régulière, il reste un enjeu central : réunir chaque année les quelque 40 000 euros nécessaires à dix séjours. Entre accompagnement des patients, aménagement du territoire et développement régional, le projet pose une question très concrète : une montagne peut-elle aussi devenir un lieu où l’on reprend pied après la maladie ?

Plateau de Sault : des soins de support pour accompagner l’après-cancer

Les soins oncologiques de support ne remplacent ni la chimiothérapie, ni la radiothérapie, ni les autres traitements prescrits par les équipes médicales. Ils les complètent, en s’attaquant à ce que la maladie laisse parfois derrière elle : douleurs, fatigue, anxiété, difficultés alimentaires, perte de confiance ou complications dans la vie professionnelle et familiale.

L’Institut national du cancer rappelle qu’ils visent à préserver la meilleure qualité de vie possible sur les plans physique, psychologique et social. Ils peuvent être proposés dès l’annonce du diagnostic, pendant les traitements, puis lorsque la phase thérapeutique la plus intense est terminée. Cette continuité compte : la fin des soins actifs ne signifie pas automatiquement la fin des séquelles.

Les données d’une enquête commandée par la Ligue contre le cancer à Ipsos en 2022 éclairent l’ampleur du sujet. Parmi les personnes interrogées ayant été soignées pour un cancer, 84 % déclaraient ressentir au moins une conséquence physique ou psychologique liée à la maladie ou aux traitements, tandis que 24 % n’avaient été orientées vers aucun soin de support malgré leurs séquelles.

Les obstacles ne sont pas seulement médicaux. Le coût, l’éloignement et la difficulté à identifier les bons interlocuteurs peuvent décourager les démarches. Dans un territoire rural, devoir multiplier les déplacements pour consulter plusieurs professionnels représente une charge supplémentaire, alors même que la fatigue rend parfois chaque trajet plus compliqué qu’il n’y paraît.

Le séjour imaginé à Belcaire cherche à rassembler plusieurs accompagnements dans un cadre commun. Une personne pourrait, par exemple, participer à une activité physique adaptée, rencontrer un professionnel de la diététique et prendre part à un temps d’échange, sans devoir construire seule son parcours rendez-vous après rendez-vous. L’intérêt tient autant à la diversité des propositions qu’à leur articulation.

Cette approche ne promet pas de prévenir à elle seule une récidive, et elle ne se substitue jamais au suivi oncologique. Cathy Vergé souligne toutefois l’enjeu de santé que peut représenter un accompagnement global, notamment pour aider les personnes à reprendre des habitudes favorables à leur bien-être. L’idée est de soutenir la qualité de vie et le rétablissement, avec des interventions adaptées à chaque situation.

Les soins de support forment ainsi un ensemble de réponses aux besoins concrets, et non une option décorative ajoutée au parcours médical. Sur le plateau de Sault, leur mise en commun pourrait permettre aux patients de retrouver des ressources au moment où le retour à la vie quotidienne demande encore beaucoup d’énergie.

Un séjour pilote à Belcaire entre escalade, chant et sophrologie

Du 24 au 26 septembre, Belcaire a accueilli un séjour pilote organisé par l’association La montagne aux Azurées. Six participants ont été hébergés en pension complète pour trois journées d’activités et d’accompagnement. L’objectif était de tester un format résidentiel qui associe différents soins de support, dans un environnement où les participants peuvent prendre le temps de souffler.

Le programme mêlait activités physiques et pratiques centrées sur le mieux-être. Escalade en salle ou en extérieur, marche, exercices doux de respiration et de posturologie : les propositions invitaient à retrouver progressivement des sensations corporelles et à bouger selon ses possibilités. Rien à voir avec une compétition ou une course à la performance ; l’enjeu est plutôt de renouer avec le mouvement dans un cadre encadré.

Les ateliers de sophrologie et d’auto-hypnose avaient, eux, pour objectif d’aborder la gestion du stress et de la douleur. D’autres temps faisaient appel à l’art-thérapie, au chant, à la réflexologie plantaire ou à la remédiation cognitive. Des soins socio-esthétiques et un groupe d’écoute et d’échanges complétaient le programme, afin de ne pas réduire la récupération à la seule dimension physique.

Cette combinaison répond à une réalité souvent méconnue : après les traitements, les difficultés ne se rangent pas gentiment dans une seule case. Une personne peut retrouver de la mobilité tout en restant éprouvée par l’anxiété, ou vouloir reprendre une activité sociale sans encore se sentir à l’aise avec son image. Proposer plusieurs portes d’entrée permet de mieux tenir compte de ces parcours différents.

Le séjour demande cependant une bonne condition physique et cognitive, selon les informations communiquées par l’association. Cette précaution souligne qu’un tel format ne convient pas automatiquement à tout le monde : les activités doivent être adaptées à l’état de santé et aux capacités des participants, en lien avec les professionnels concernés. L’accompagnement ne consiste pas à pousser chacun à faire la même chose, mais à créer un cadre où les choix restent réalistes.

Le caractère résidentiel a également son importance. En étant accueillis sur place, les participants peuvent enchaîner les activités sans transformer chaque rendez-vous en une expédition routière. Les temps de repas, les échanges informels et les pauses font partie de l’expérience : ils peuvent aider à rompre l’isolement, sans imposer de parler de la maladie à chaque minute.

Pour cette première édition, le groupe restait volontairement limité à six bénéficiaires. Ce nombre permettait d’éprouver l’organisation et de voir comment les ateliers s’enchaînent dans la réalité, plutôt que sur un programme idéal posé sur le papier. Le pilote constitue ainsi une étape de conception : un test à taille humaine avant d’envisager une offre plus régulière.

Le séjour a donc expérimenté une idée simple mais exigeante : réunir, au même endroit, des activités complémentaires et des professionnels locaux. Si la formule se développe, son équilibre dépendra de la capacité à préserver cette attention individuelle tout en accueillant davantage de participants.

Les activités proposées peuvent surprendre par leur diversité, mais elles ont un point commun : chacune cherche à répondre à un besoin concret du quotidien, qu’il s’agisse de bouger, de mieux gérer le stress ou de retrouver un espace d’expression.

Neuf soins de support indispensables dans le parcours contre le cancer

L’Institut national du cancer identifie neuf catégories de soins de support considérées comme indispensables, avec une prise en charge totale ou partielle par l’Assurance maladie selon les situations. Elles couvrent des besoins très différents : la douleur, l’alimentation, le soutien psychologique, la vie sociale et familiale, ou encore la reprise d’une activité physique adaptée.

Le panier comprend aussi l’accompagnement de la fertilité, les troubles de la sexualité, les conseils d’hygiène de vie et le soutien psychologique destiné aux proches et aux aidants. Ces derniers sont parfois les grands oubliés des parcours de soins, alors qu’ils accompagnent les rendez-vous, les périodes d’incertitude et les changements de rythme au quotidien.

À ces neuf catégories s’ajoutent d’autres aides utiles pour gérer les conséquences de la maladie et des traitements. La prise en charge de la fatigue ou d’effets indésirables, l’amélioration de l’image de soi et les soins palliatifs font également partie de ce champ plus large. L’expression « soins de support » désigne donc une approche globale, pas une activité unique que l’on pourrait résumer à quelques séances de relaxation.

Besoin accompagné Exemples de soutien Ce que cela peut apporter
🩺 Douleur et effets des traitements Évaluation et accompagnement adaptés Des réponses coordonnées aux symptômes
🥗 Alimentation et nutrition Conseils diététiques individualisés Un meilleur repérage des difficultés alimentaires
🧠 Santé psychologique Entretiens et soutien psychologique Un espace pour exprimer les inquiétudes
🚶 Activité physique Pratique adaptée pendant ou après les soins Une reprise du mouvement selon ses capacités
👨‍👩‍👧 Vie sociale et proches Accompagnement social, familial et professionnel Un soutien face aux répercussions dans la vie quotidienne

À Belcaire, le programme du séjour pilote ne recouvre pas à lui seul toutes ces catégories et ne prétend pas remplacer les services spécialisés. Il propose plutôt plusieurs leviers complémentaires, parmi lesquels l’activité physique, la diététique, la gestion du stress, l’expression artistique et les échanges entre participants. Les besoins médicaux de chacun doivent rester évalués par les équipes compétentes.

Pour une personne qui a terminé ses traitements les plus lourds, le retour à la maison peut donner l’impression que le monde extérieur a repris son rythme habituel alors que le corps, lui, n’a pas encore suivi. Un accompagnement coordonné peut aider à faire le lien entre les soins hospitaliers et la reprise d’activités, sans demander au patient de devenir son propre chef de projet médical.

La disponibilité de ces ressources varie toutefois selon les territoires. Les professionnels existent parfois à proximité, mais les services sont dispersés ou proposés uniquement à la journée. Rassembler plusieurs approches sur un même séjour peut rendre l’offre plus lisible, à condition que l’orientation des patients et le financement soient organisés.

  • 🩺 La gestion de la douleur et des effets indésirables peut compléter le suivi médical.
  • 🥗 L’accompagnement nutritionnel aide à répondre aux difficultés liées à l’alimentation.
  • 🧠 Le soutien psychologique concerne la personne malade, mais aussi ses proches et ses aidants.
  • 🚶 L’activité physique doit être adaptée à l’état de santé et aux capacités de chacun.
  • 🤝 L’accompagnement social peut aider à faire face aux conséquences familiales ou professionnelles.

Le point essentiel est de considérer ces aides comme une partie intégrante du parcours, et non comme un bonus réservé à ceux qui ont le temps, les moyens ou la chance d’habiter près d’une grande structure.

Une structure inédite en Occitanie portée par les ressources locales

La montagne aux Azurées veut s’appuyer sur les compétences déjà présentes dans le Pays de Sault et ses environs. Des professionnels installés notamment à Quillan, Belcaire, Espezel ou Roquefeuil pourraient contribuer aux activités, selon leurs spécialités. Cette logique ancre le projet dans le tissu local plutôt que de faire venir systématiquement toutes les ressources de l’extérieur.

Le choix du plateau n’est pas seulement une affaire de paysage. Pour Cathy Vergé, la montagne possède en elle-même une dimension apaisante, mais le potentiel du territoire dépend aussi de sa capacité à accueillir les participants, à organiser les déplacements et à coordonner des intervenants. Une belle vue ne suffit pas à faire une infrastructure de soins ; il faut aussi des lieux adaptés et une organisation solide.

Pour construire son idée, la fondatrice s’est inspirée de séjours post-cancer organisés par l’association Passage en Vercors, en Isère. Ce modèle combine notamment marche, escalade, art-thérapie et sophrologie sur plusieurs jours, avec hébergement et pension complète. Le projet audois ne copie pas simplement cette formule : il cherche à l’adapter aux ressources, aux distances et aux capacités d’accueil du territoire.

Selon Cathy Vergé, aucune proposition comparable n’est actuellement organisée en Occitanie sous cette forme résidentielle. Des associations peuvent proposer des activités à la journée, parfois pendant les traitements, mais l’offre après la phase thérapeutique active reste plus difficile à trouver en dehors des structures de soins. C’est précisément cet intervalle, entre la fin des traitements les plus lourds et la reprise du quotidien, que le séjour souhaite mieux accompagner.

À terme, l’objectif annoncé est d’organiser dix séjours par an. Belcaire pourrait en accueillir, tandis que des établissements situés à Camurac ou Comus sont également envisagés. L’élargissement à plusieurs lieux permettrait de répartir les rendez-vous et de faire participer différentes communes, sous réserve que les capacités d’accueil et les besoins des bénéficiaires soient vérifiés.

Cette ambition touche aussi à l’aménagement du territoire. Dans les zones rurales, les services de santé et d’accompagnement sont parfois éloignés, et les initiatives locales peuvent contribuer à rendre certaines ressources plus accessibles. Si des patients venus de l’Aude, de l’Ariège, des Pyrénées-Orientales, de l’Hérault ou de l’IUCT Oncopole à Toulouse sont orientés vers le dispositif, les déplacements devront être intégrés à la réflexion.

Le développement régional ne se mesure donc pas uniquement au nombre de séjours. Il dépendra également des partenariats avec les établissements d’oncologie, de la qualité de l’orientation et de la continuité entre les soins hospitaliers et l’accompagnement proposé sur place. Le projet gagnera en solidité si les professionnels savent clairement à qui il s’adresse, quelles activités sont disponibles et dans quelles conditions.

La démarche porte une forme d’innovation sociale : faire coopérer des compétences locales autour d’un séjour, dans un secteur où l’offre résidentielle reste peu développée. Son intérêt se vérifiera dans la durée, à travers l’accessibilité, la pertinence des activités et la capacité à répondre aux besoins réels des patients.

Le paysage peut attirer l’attention, mais la réussite reposera surtout sur ce qui se construit autour : des partenariats durables, des hébergements adaptés et un accompagnement pensé avec les structures de cancérologie.

Financement et avenir du projet local à Belcaire

Le séjour pilote a été financé grâce à plusieurs soutiens : des contributions de mairies, des dons de particuliers et l’aide des Rotary et Lions Clubs de Limoux. La communauté de communes a également donné un accord de principe pour mettre des transports à disposition. Pour une expérimentation de trois jours accueillant six personnes, cette combinaison de partenaires a permis de réunir les conditions nécessaires.

Mais un financement ponctuel ne suffit pas à faire vivre une offre annuelle. L’association estime à environ 40 000 euros le budget requis pour organiser dix séjours par an. Cette somme doit permettre de donner de la visibilité au projet, de mobiliser les intervenants et de structurer les conditions d’accueil, sans faire reposer l’équilibre sur une succession de collectes improvisées.

Cathy Vergé prévoit de présenter le dossier à l’Agence régionale de santé et à la caisse primaire d’assurance maladie. Ces démarches sont importantes, car le projet se situe au croisement de plusieurs enjeux : prévention et accompagnement, accès aux soins de support, offre associative et développement local. La reconnaissance de son utilité ne garantit pas à elle seule un financement, mais elle peut aider à identifier les dispositifs et partenaires pertinents.

Pour les bénéficiaires, la question du coût reste déterminante. L’enquête Ipsos citée par la Ligue contre le cancer indiquait que 19 % des personnes ayant renoncé à des soins de support évoquaient des raisons financières ou géographiques. Un séjour payé intégralement par les participants risquerait donc d’écarter précisément des personnes confrontées aux principaux obstacles d’accès.

La mise à disposition éventuelle de transports pourrait réduire une partie des difficultés, notamment pour celles et ceux qui ne peuvent pas conduire ou vivent loin de Belcaire. Il faudra aussi préciser les modalités d’orientation, les critères d’accueil et les liens avec les professionnels de santé. Un parcours clair permettrait aux patients de savoir à qui s’adresser, plutôt que de découvrir l’existence du dispositif par hasard.

Pour rendre l’organisation lisible, plusieurs questions devront être résolues au fil du développement : quels établissements orienteront les participants ? Comment adapter les activités aux capacités de chacun ? Quels frais seront pris en charge ? Quels hébergements pourront accueillir les séjours à Belcaire, Camurac ou Comus ? Ces éléments pratiques sont moins spectaculaires qu’une séance d’escalade, mais ils déterminent si le projet peut réellement durer.

Une coordination régulière avec les équipes médicales permettra également de mieux inscrire les séjours dans le parcours des participants. Le dispositif ne doit pas être présenté comme une alternative aux soins prescrits, mais comme un accompagnement complémentaire, avec des limites clairement expliquées. C’est une condition essentielle pour inspirer confiance aux patients, aux proches et aux professionnels.

Si les financements sont réunis et que les partenariats se consolident, cette initiative pourrait donner une nouvelle place aux soins de support dans les Pyrénées audoises. L’avenir du territoire se joue ici à une échelle très concrète : transformer des ressources locales en une réponse collective, accessible et durable pour des personnes qui ne devraient pas avoir à traverser seules l’après-cancer.

Qu’est-ce que le séjour pilote organisé à Belcaire ?

Il s’agit d’un séjour de trois jours organisé par l’association La montagne aux Azurées pour six participants touchés par un cancer. Le programme associait notamment activité physique, sophrologie, chant, diététique, soins socio-esthétiques et temps d’échange.

Le projet est-il déjà une structure permanente en Occitanie ?

Non. Le séjour à Belcaire était une expérimentation destinée à tester la formule. La création d’une structure dédiée et l’organisation régulière de séjours restent des objectifs à concrétiser.

Combien coûterait le programme annuel envisagé ?

L’association évalue à environ 40 000 euros le financement nécessaire pour organiser dix séjours par an. Elle prévoit de présenter son dossier à l’Agence régionale de santé et à la caisse primaire d’assurance maladie.

À qui s’adressent les soins oncologiques de support ?

Ils peuvent accompagner les personnes pendant les traitements et après leur phase thérapeutique active, selon leurs besoins et leur état de santé. Ils complètent les soins médicaux sans les remplacer.